cinéma indépendant ||| | web association Paradoxal 33http://a.paradoxal.free.fr

Menu

Liens

Menu :de la Video au Cinema

Comme de nombreux jeunes réalisateurs, nous faisons partie de cette première génération de cinéastes qui abordent le cinéma à travers la vidéo. Il nous est paru important de penser le support et plus largement de questionner la place de la technologie dans le cinéma. L’histoire du cinéma a toujours évolué en fonction des avancées technologiques que ce soit avec l’arrivée du son, de la couleur, des caméras légères ou encore l’apparition de la pellicule très sensible. Chacune de ces avancées a fait que le cinéma nous donne une image encore plus frappante et plus crédible du réel mais n’en demeure pas moins une image.

Les technologies numériques ont fait leur apparition au cinéma d’abord en post production (la pellicule reste le support de diffusion par excellence et donc seul support physique du cinéma et par extension seul moyen d’entrée dans le circuit des salles et des festivals) avant de permettre à la vidéo de devenir un support de tournage à part entière (grâce aux techniques de gonflage - report sur pellicule- ) et lui permettre ainsi d’entrer dans l’histoire du cinéma (l’apport du numérique a considérablement amélioré les qualités de la vidéo et a permis de plus grandes possibilités de manipulation de l’image en général).

Aujourd’hui, l’amalgame vidéo et numérique continue de jouer des tours à la critique. Cette confusion systématique ne permet pas de poser à plat une réflexion cohérente autour de la vidéo et du cinéma.

La vidéo est ce que l’on pourrait appeler un média contemporain. On le retrouve partout dans nos sociétés, à la télévision mais aussi au cinéma, dans la rue, dans les musés, les salles de concerts... La vidéo n’emmène pas naturellement plus de réalité dans son mode de reproduction automatique mais elle semble supporter une image du réel très proche de nous parce qu’elle est liée culturellement à des images spécifiques du film amateur, du reportage télévisuel, de la vidéosurveillance et du film pornographique. Elle devient un témoin du réel ou de l’intime garantissant froidement et illusoirement la preuve par l’image. Ce « plus de réalité » culturel convient plus facilement à la forme documentaire et c’est donc naturellement que ce support va petit à petit s’imposer dans cette forme cinématographique. Ce que transporte alors intrinsèquement la vidéo par son utilisation va donner naissance à de nouveaux motifs esthétiques et engendrer des modes narratifs particuliers - mais pas uniquement dans les films tournés en vidéo, par exemple l’utilisation de l’image tremblée dans Rosetta des frères Dardenne.

Pourquoi un questionnaire et pour quoi faire ?

Il nous semble essentiel de prolonger nos propres pensées dans une réflexion avec des critiques, des théoriciens et des cinéaste, en effet il faut dépasser le débat comparatif pellicule contre vidéo, car il semble évident qu’il s’agit d’un débat chimérique et inutile, mais plutôt penser la vidéo en tant que support à part entière.

D’un point de vue économique il ne fait aucun doute que les productions en vidéo vont se multiplier et il faut donc considérer le support vidéo comme un support de création cinématographique et mettre en perspective son intérêt et ses spécificités.

D’autre part, le maniement des images vidéos et leur travail formel semblent poser des questions d’ordre, sinon moral, au moins éthique, dans leur rapport au réel sous tous ses angles (social, politique, culturel, économique, physique...). C’est pourquoi nous estimons juste de nous interroger sur chacun des axes empruntés par les œuvres en vidéo, sur les motivations profondes qui ont conduit à leur émergence et les liens entretenus entre chacune de ces motivations. Le caractère pragmatique de la vidéo a permis la prolifération de films, d’images spécifiques liées à une narration inédite et des positionnements éthiques à la dimension tantôt esthétique, tantôt pratique. Le cœur du problème est de savoir dans quelle mesure la apports divers de la vidéo se sont greffés au cinéma préexistant et comment une technique a enrichi ou renouvelé à tous points de vue des interrogations originelles.

Quoi qu’il en soit, nous ne pensons pas que l’accession de la vidéo au cinéma doive relever d’une logique économique ou d’une idéologie moderniste. Le choix du support vidéo doit être conscient, autre chose qu’un pis-aller pour cinéaste dépourvu. Cela signifie que le choix du support doit se faire sous l’impulsion d’une démarche volontaire, qu’elle soit assumée par l’auteur à des fins créatives. Pour étayer notre approche, nous pensons qu’il y a plusieurs niveaux de choix :

Pragmatique : Quand le choix du support est impliqué par une nécessité pratique, qu’elle soit économique ou d’autre nature.

Ethique : Quand le choix du support est militant, quand son but implicite est de rompre avec des circuits de production et de diffusion classique, etc.

Esthétique : Quand le choix du support est assumé formellement par l’auteur, qu’il serve à des performances techniques ou encore qu’il développe des modes de narration spécifiques.

Ces trois piliers de notre réflexion, nous ont amené à avancer une série de questions que nous proposons à votre sagacité, dans le but de générer matière à réflexion avant la tenue d’une table ronde. Ainsi, nous pensons et avons l’ambition de dépasser les clivages du pour ou contre la vidéo, de l’amalgame cinéma vidéo et révolution numérique, ou encore du format vidéo comme seul horizon technique pour le cinéma du 21ème siècle. Nous espérons ainsi enrichir les points de vues de chacun et mettre en lumière les spécificités de ce médium pour que cette problématique ne soit pas mystifiée par le prisme économique.

Questionnaire

Y a t’il une esthétique (des esthétiques) des films tournés en vidéo ? Si oui, pourriez vous définir une esthétique d’un cinéma en vidéo.

Dans quelle mesure le choix de la vidéo influence t’il un rapport particulier à l’espace, au temps, à la narration et, d’une manière générale, aux formes cinématographiques ?

De quelles façons la vidéo enrichirait elle le langage cinématographique ?

Le support vidéo semble relancer des questionnements sur la représentation du réel, dans quelle mesure vous semblent t’ils justifiés ?

Articles

contact : webmaster ::: ::::Squelette SPIP par Atypik.biz custom by boxbanana.tk